index accueilmot d'accueil - présentation du site
histoire et origine des ex-voto
les photos d'ex-voto
les ex-voto du Trésor de la Basilique de Sainte-Anne d'Auray
statues, vitraux
le Musée des Thoniers d'Etel
photos et fichiers divers relatifs au milieu maritime


utilisation photos - droits auteur - divers
liens vers d'autres sites
courrier - mail


Pour découvrir Molène, cliquez sur le bandeau

Molène

Eglise Saint-Ronan

L’église Saint-Ronan nous laisse admirer deux jolis ex-voto.

Le quatre-mâts barque dénommé « l’Europe » est l’œuvre du « père Ballut ». Il indique toujours la direction des vents pour le lendemain (cela viendrait de la composition du fil auquel il est suspendu).

Le «Suzanne-René » immatriculé « BR 6793 » est quant à lui la maquette d’une embarcation de pêche aux crustacés réalisée par M. Jean Pujol vers les années 1980.

Ce navire de pêche (le «Suzanne-René » ou le « Suzanne et Renée »?) a participé activement à la résistance française lors de la guerre 1939-1945, permettant à 23 aviateurs de rejoindre l’Angleterre en octobre 1943.

Aussi les lignes ci-dessous consacrées au « Suzanne et Renée » (où il faut lire 1943 et non 1941 si l’on se réfère aux activités du résistant Jean-Claude Camors, faisant état d’une mise à sa disposition du « Suzanne-René » par un patron-pêcheur de Camaret en 1943) rappellent-elles le passé de ce sloop, passé qui ne pourrait être tenu sous silence.

_______________________________________

La "SUZANNE et RENÉE" : un maillon de la résistance française honorée sur l'Ile

Construit en 1928 pour M r CELTON de Dinan , ce bateau est devenu propriété de M r PODEUR Auguste de Molène, de 1948 à 1961. Pendant 13 ans, il a sillonné l'archipel en faisant la pêche aux crustacés. En 1961, âgé de 33 ans, il a connu la démolition sur ordre des Affaires Maritimes qui estiment que c'est l'âge limite de navigation pour de tels navires en bois.

Aujourd'hui il s'intègre à la vie molénaise sous la forme d'une maquette construite amoureusement par Mr Jean PUJOL et prend place dans l'église paroissiale au côté de l'Europe, une autre maquette confectionnée par Mr BALLUT.

La "Suzanne et Renée" est exposée également à la chapelle de Notre Dame de Rocamadour (Camaret). Elle fut décorée par le Général de Gaulle car elle a fait partie intégrante de la Résistance française de la ville de Camaret et de sa région.

En 1943, ce sloop de 11 mètres et 3 m de large a permis à 23 jeunes aviateurs, anglais, canadiens et américains de rejoindre sains et saufs l'Angleterre.
Mise à disposition de la résistance bretonne, elle a rallié Camaret en ce mois d'octobre 1941. Durant 10 jours, elle a servi d'abri à une dizaine d'aviateurs recueillis dans la région. Le bateau étant surveillé en permanence par les Allemands méfiants, les fugitifs devaient rester cachés nuit et jour, ravitaillés le soir par un hublot situé à l'étrave du bateau par Mme VOURCH.
Le 18 octobre 1941, Mr MERRIEN prévenait que la "Suzanne et Renée" était fin prête à partir.
Le soir même, Mr Yves VOURCH fils de ce médecin de Plomodiern, emmenait par le train 15 aviateurs à destination de Camaret. Leur rendez-vous eut lieu chez le boulanger Mr BATHANY.
La "Suzanne et Renée" voyait dès lors vivre dans ses entrailles 23 aviateurs qu'elle protégeait contre la violence humaine et la trahison.
Sur l'un des barreaux du pont, ils ont inscrit dans le bois "Villa des martyrs", ce qui représente à la fois le bien-être de l'accueil offert et la souffrance pour certains qu'avaient représenté ces 10 jours d'attente, enfermés dans cette cale, jour et nuit.
Le 19 octobre, alors que la tempête sévissait sur la Bretagne, la "Suzanne et Renée" quittait le port de Camaret sans bruit, à la voile, et effectuait ainsi un long parcours sous les déferlantes, avant de mettre en route le moteur à essence dont elle était équipée.
Elle fut dans la journée du 20, après recherches, portée disparue corps et biens par les autorités afin d'éviter les recherches des avions allemands.
Après la guerre, elle est revenue à Camaret, livrée dans toute sa beauté par les Anglais.
C'est alors qu'elle est devenue Molénaise à part entière, sous la barre de Mr Auguste PODEUR, et qu'elle y termina sa vie en 1961.

Décorée comme un membre de la Résistance, elle n'a pu cependant offrir la sveltesse de sa silhouette fière au regard de celle qui, durant 10 jours, avait fait vivre son étrange cargaison. Fusillée par les Allemands, Mme VOURCH n'attendait point son retour sur les quais de Camaret.

Un passé éternellement présent par un nom de rue à Camaret et à Plomodiern; et cette maquette soigneusement construite afin que chacun se souvienne de cette liberté si chèrement payée et qui peut-être remise en question.

Un passé vivant s'inscrit désormais dans le patrimoine molénais.

_______________________________________

Recherches de Mme Jackie COQUET, Molène.
L'histoire de le "Suzanne et Renée" est racontée dans le livre "Les clandestins de l'Iroise" de René PICHAVANT (journaliste au Télégramme de Brest) paru en 1982.

haut